CHIFFRES CLÉS / INDICATEURS ÉCONOMIQUES

Les retombées économiques de la filière éolienne

Des emplois locaux et pérennes

Crédit : Siemens AG

L’éolien est l’une des filières énergétiques les plus actives. En 2017, près de 1 500 MW de nouvelles capacités ont été installés en France pour un parc total de 12 000 MW raccordé et une production annuelle de 3 TWh.

On estime à 17 100 les emplois directs et indirects éoliens localisés en France et à 1 070 le nombre de sociétés actives dans le secteur.

5 700 emplois sont liés aux secteurs industriels. Si les éoliennes installées en France sont majoritairement de marque étrangère, l’industrie nationale représente néanmoins plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans les activités de fabrication de composants pour les turbines, de matériels électriques ou d’assemblage des machines.
Les autres emplois sont liés au développement des projets (études techniques, génie civil, transport) et à l’exploitation et à la maintenance des centrales éoliennes.

Déjà 2 140 emplois pour l’éolien en mer français

Si aucune éolienne en mer n’est entrée en production sur le territoire français, le secteur de l’offshore représente déjà un nombre d’emplois significatif. A la suite de l’attribution des premières zones de développements en mer, l’industrie éolienne s’est renforcée par l’implantation de plusieurs sites industriels dédiés à l’équipement et à la maintenance des futurs sites en mer.

Ainsi, LM WindPower, filiale de General Electric et entreprise leader de la fabrication de pales d’éoliennes, a annoncé, en mars 2017, la construction d’une usine de pales pour l’éolien en mer destinées au marché français et aux exportations. Cette nouvelle installation industrielle emploiera 550 personnes. Eiffage Métal va diversifier l’activité de son usine de Fos-sur-Mer vers le marché des énergies marines renouvelables et des éoliennes en mer : fondations type jacket, mâts et pièces de transition.

D’après l’Observatoire des énergies marines, en 2017, l’éolien posé en mer représentait environ 1 590 emplois et l’éolien flottant 550 emplois.

Un marché annuel de plusieurs milliards

Crédit : Siemens AG

En 2017, le marché total de la filière éolienne en France, hors éolien en mer, a été estimé par l’Ademe à 5,2 Mds€, dont 2,2 Mds€ pour la vente d’énergie, 2,2 Mds€ pour les investissements et 0,7 Mds€ pour les exportations.

Une centaine d’entreprises françaises produisent des composants vendus aux grands fabricants d’éoliennes étrangers. Certaines sont très spécialisées, comme l’entreprise Rollix–Defontaine, un spécialiste mondial de couronnes d’orientations et roulements spéciaux pour éoliennes, dont la production est largement destinée à l’exportation.  Converteam (filiale de General Electric) est spécialisé dans les convertisseurs, Leroy Somer spécialisé dans les génératrices, Mersen pour les balais en graphite, Nexans pour les câbles, Schneider Electric pour le matériel électrique, et Ferry-Capitain pour des pièces de fonderie.

De plus petites entreprises se spécialisent sur certains composants : Stromag France pour les freins, et Plastinov et Aerocomposite Occitane pour les pales. La croissance du marché éolien permet aussi le développement d’entreprises innovantes telles qu’Avent Technology (proposant des Lidars pour la mesure du vent) et Cornis (pour l’inspection des pales). Enfin, les métallurgistes fournissent des pièces fabriquées à façon pour la construction ou la maintenance des éoliennes.

En 2015, l’Ademe évalue à 450 millions d’euros l’activité économique française à l’export des composants électriques ou mécaniques destinés à l’éolien.

Quelles retombées pour les collectivités ?

Avec l’éolien, une collectivité perçoit des revenus à plusieurs niveaux. D’une part sur le plan fiscal, avec :

  • la Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties (TFPB);
  • la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), qui est intégralement perçue par les communes et communautés de communes;
  • la Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) : les recettes de la CVAE sont partagées entre les communes (26,5%), les départements (48,5%) et les régions (25%);
  • l’Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER), dont le montant est de 7 210 € par MW installé est actuellement réparti entre la commune et la communauté de communes (70 %) d’une part, et le département (30 %) d’autre part. Depuis le quatrième trimestre 2018 la commune d’implantation du parc éolien perçoit systématiquement 20 % de l’IFER3, et le département 80 %[1].

La location des terrains peut également être une source de revenus s’il s’agit d’un terrain communal.

En moyenne, l’implantation d’un parc de 5 éoliennes de 2 MW génère 200 000 euros de ressources fiscales par an[1], dont 68,3 % reviennent aux communes, 28,2 % au Conseil départemental et 3,5 % à la Région.

[1] Source : Les recettes perçues par les collectivités au titre de la fiscalité éolienne : règles générales, montants et répartition, Amorce, novembre 2016

L’Ademe estime que les gains environnementaux, économiques et sociaux liés au développement de l’éolien sont supérieurs aux coûts générés par les politiques de soutien[2]. Dans un travail qui évalue les gains environnementaux, sanitaires, économiques et sociaux du développement de l’énergie éolienne en France sur la période 2002-2013, les bénéfices cumulés générés grâce au développement de l’éolien, sont estimés entre 3,1 et 8,8 Mds€ pour un coût du soutien évalué à 3,2 Mds€.

Une analyse des données énergétiques et économiques montre que l’électricité éolienne, même si elle na représentée que 3,6 % de la production totale d’électricité française en 2015, elle s’est substituée à la production de centrales nucléaires, au gaz, au charbon ou au fioul. Ainsi, en réduisant les importations en combustibles fossiles et fissiles, l’éolien contribue à renforcer l’indépendance énergétique de la France et a permis d’éviter l’émission de 63 millions de tonnes de CO2 équivalent entre 2002 et 2015.

Visualisation des résultats de l’analyse des coûts et bénéfices sur la période 2002 – 2013

analyse-des-couts-et-benefices

[2] Source : étude sur la filière éolienne française – Bilan, prospective, stratégie, Ademe, Septembre 2017

  LEXIQUE

Emplois directs : emplois directement liés à la production de produits ou de services dans le secteur de l’éolien (ex. un emploi chez un fabricant d’éolienne).

Emplois indirects : emplois dans des entreprises qui fournissent des biens et des services au secteur de l’éolien (ex. dans une entreprise qui produit des composants électroniques, les emplois liés à la fabrication des composants qui seront vendus à l’industrie éolienne).