CHIFFRES CLÉS / Indicateurs économiques

Coûts de production de l’électricité éolienne en mer

En France, les premiers parcs éoliens en mer devraient être opérationnels à l’horizon 2020-2022, pour un total de 3 GW (1,5 GW en 2020 et 1,5 GW après 2022). Il est cependant possible d’évaluer un coût de production de l’électricité sur la base des données des futurs sites français, ainsi que des parcs en activité en Europe.

L’exploitation de l’énergie éolienne en mer a commencé avec des turbines posées sur les fonds marins (éolien posé) et continue à se développer avec des turbines montées sur des flotteurs (éolien flottant) qui faciliteront leur installation plus loin des côtes, indépendamment des conditions de sol et à des profondeurs plus élevées. L’éolien en mer présente l’intérêt de profiter de régimes de vents plus forts et réguliers que l’éolien terrestre, et l’éloignement des côtes diminue les conflits d’usage. Cette filière est dans une phase de forte croissance dans le monde et des gisements très importants sont encore inexploités.

Selon l’Ademe1, le coût de production de l’électricité éolienne en mer est estimé entre 123 € et 227 € le MWh pour des machines posées et entre 165 € et 364 € le MWh pour l’éolien flottant.

Ces coûts ont cependant rapidement évolué à la baisse puisqu’en mai 2019, à l’occasion de l’attribution du futur site éolien en mer de Dunkerque, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a indiqué que le prix moyen des offres déposées avait été de l’ordre de 51 € le MWh.

1 Coûts des énergies renouvelables en France – Ademe 2016

Coûts complets de production en France pour la production d’électricité renouvelable

Le travail de l’Ademe sur les coûts estimés de l’éolien en mer français reposent sur l’analyse des éléments relatifs aux projets retenus dans le cadre des deux premiers appels d’offres CRE clôturés en 2011 et 2014. Le choix des machines avait alors dû être arrêté par les développeurs sans possibilité, jusqu’à présent, d’en changer avant la mise en service des sites.

Cependant, les différents projets en mer conclus en Europe depuis deux ans ont profité d’importants progrès techniques et des effets de l’industrialisation du segment. A l’été 2016, un projet au Pays-Bas de 700 MW (situé à Borssele) a été le premier à passer sous la barre des 100 € le MWh avec un prix de 72,7 € le MWh. En fin de la même année, le Suédois Vattenfall remportait le site danois de Kriegers Flak (600 MW) pour moins de 50 €/MWh sur 12 ans. Il faut préciser que ces prix n’intègrent pas les coûts de raccordement des sites au réseau électrique.

À titre de comparaison, le coût de production de l’électricité éolienne terrestre est estimé entre 54 € et 108 € le MWh pour des machines standard, et entre 50 € et 94 € le MWh pour des éoliennes de nouvelles générations.

 

Les plages de variation des coûts de production reflètent la compétitivité de plusieurs paramètres, comme le montant de l’investissement, la ressource en vent du site ou le type de machine utilisé. Le tableau suivant liste les hypothèses choisies dans l’étude Ademe.

Parmi les critères qui déterminent le coût de production de l’électricité, l’un des plus impactant est le taux d’actualisation utilisé dans les calculs. La variation des coûts de production de l’éolien terrestre en fonction des taux d’actualisation est significative.

Coûts de production de l’éolien en mer en France

couts-production-eolien-mer-france-et-europe

Parmi les critères qui déterminent le coût de production de l’électricité, l’un des plus impactant est le taux d’actualisation, reflet du coût du financement, utilisé dans les calculs. Pour l’éolien posé, les coûts assez élevés estimés sur la base des premiers appels d’offres français reflètent la prise de risque importante des porteurs de projets.

Ces projets français ont rencontré des risques supplémentaires par rapport aux ouvrages déjà réalisés ailleurs en Europe (risque sur la connaissance des sols et des gisements, risque lié à la lisibilité, la visibilité et la stabilité de la politique d’industrialisation de la filière en France…) qui impactent les résultats.

Pour l’éolien flottant, trois types de projets ont été identifiés :

  • les démonstrateurs unitaires mis en service en Europe. Il faut noter que ces démonstrateurs sont des prototypes et ne sont pas des systèmes déployés en phase commerciale. Les Capex de ces projets sont connus ;
  • les fermes pilotes en France. Les Capex sont des prévisions des projets en développement ;
  • les fermes commerciales en France : c’est une prospective des coûts des projets à l’horizon 2030. Les Capex sont prévisionnels.

Le potentiel d’innovation reste très important sur l’ensemble de la chaîne de valeur des projets d’éolien en mer. Avec le développement de la filière et les progrès technologiques attendus, les coûts de l’éolien posé en mer devraient baisser significativement pour se situer dans la fourchette de 54 à 73 € le MWh à l’horizon 2030. Pour l’éolien flottant, les coûts devraient avoisiner les 102 € le MWh.